En 2008, j’ai publié « Mon père, Hitler et moi » aux éditions Ouest-France. J’y raconte les racines et le destin de mon père, François Charles de Beaulieu, né allemand à Brême en 1913, orphelin de guerre l’année suivante et condamné en 1943 par un tribunal de la Wehrmacht pour “atteinte au moral de l’armée“, “désobéissance” et attirance “pour les milieux enjuivés”.

Si l’histoire de mon père est, par bien des aspects, souvent souriants, celle d’un original (il fut pasteur protestant, guide touristique, sténodactylo, libraire, agent commercial, responsable des cimetières militaires allemands), elle pose néanmoins des questions qui nous concernent tous : Comment nos sociétés traitent-elles ceux qui ont obéi, ceux qui ont désobéi et ceux qui sont ”morts pour la patrie” ? Comment transmettre l’essentiel, c’est-à-dire la mémoire des victimes et de ceux qui ont résisté ? »
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22 janvier 2017 Publié par

  Heureux comme un Allemand en France De Paris à Paris Combien y-a-t-il d’Allemands en liberté à Paris au mois de septembre 1945 ? Ce qui est certain, c’est qu’on ne fait pas plus libre que Franz Chales de Beaulieu : il n’a rien. A-t-il même une patrie, compte tenu de ce que l’Allemagne lui a pris et de son ferme pacifisme ? Il a au moins une amie, Raymonde Poupion, une jeune parisienne rencontrée chez sa cousine Selby-Hall lors de son séjour à Londres en 1933. Elle réside dans un lieu idyllique puisque son père est gardien-chef du Jardin des plantes. La... Voir l'article

15 juillet 2016 Publié par

  De Berlin à Paris   La vie militaire commence mal pour le fils du capitaine Chales de Beaulieu. D’une part, comme il a été recensé alors qu’il était inscrit à l’Université de Tübingen, il est incorporé à Bad-Cannstadt, près de Stuttgart et donc, fort loin de Brême (en Allemagne, l’armée est encore organisée sur des bases régionales). D’autre part, il doit subir une instruction très dure et ses faibles dispositions pour réussir un parfait salut militaire lui valent d’être consigné pendant un mois et de servir de souffre-douleur à un caporal plein de mépris pour cet intellectuel un peu... Voir l'article

08 mai 2016 Publié par

De Londres à Berlin Mon père est accueilli à Londres par Georg Melchers (1873-1946) qui dirige la succursale de l’entreprise fondée par son grand-père. Celui-ci vit avec sa sœur Amory (1878-1959) qui observe un strict célibat de peur de transmettre ce qu’elle pense être une maladie héréditaire, sa mère étant morte en 1921 dans un asile d’aliénés. La famille Melchers est riche en personnages aussi caractéristiques de l’aristocratie commerçante de Brême qu’originaux et un livre leur a même été consacré (B.W. Seiler, Es begann in Lesmona, 1993) ; son auteur prend appui sur les lettres adressées dans sa jeunesse à une amie... Voir l'article

05 mai 2016 Publié par

Une ville libre.  Brême est une ville où a toujours régné et où règne encore un certain esprit d’indépendance aux racines fort anciennes. Elle est située sur l’estuaire de la Weser avec un avant-port, Bremerhaven, fondé en 1827, 60 kilomètres en aval. C’est la plus ancienne cité maritime d’Allemagne puisque ses droits de marché remontent à 965. Elle a adhéré en 1358 à la Hanse. La Hanse est étymologiquement et concrètement une association, celle des marchands qui obtiennent, à partir de la fin du XIIe siècle, un certain nombre de privilèges commerciaux, puis, un siècle plus tard, celle de plusieurs... Voir l'article

20 octobre 2015 Publié par

Secrets de famille Á partir de quand un secret de famille peut-il, doit-il être révélé ? Á qui doit-il être révélé ? A-t-il pesé et pèse-t-il encore sur ceux qui l’ignoraient mais, d’une certaine façon, en avaient une connaissance intuitive en raison du « trou noir » modifiant la structure même du réel ? Sa révélation peut-elle créer un préjudice à certains ? Voilà les questions qu’il est sans doute bon de se poser avant de prendre la décision d’éclairer un pan du passé, proche ou lointain. Je vous propose simplement d’entrer dans ce qui pourrait être l’ébauche d’une nouvelle de Stefan Zweig. C’est sans doute... Voir l'article

05 octobre 2015 Publié par

Une intéressante initiative à Brême : une carte interactive de la ville permet d’accéder à des articles sur traces du nazisme : les lieux associés aux opposants, aux victimes mais aussi aux bourreaux. On peut trouver au 7 rue du Parc (Parkstrasse – mais, actuellement, le point vert est un peu décalé) des photographies et une excellente notice sur François de Beaulieu (avec référence à l’édition allemande de Mon père, Hitler et moi).  Un moteur de recherche permet aussi de partir des noms propres (la traduction automatique permet aux infirmes linguistiques de lire les notices). On aimerait trouver pour toutes les... Voir l'article

29 juillet 2015 Publié par

Mon père, Hitler et moi Je propose ici, en forme de feuilleton, une version du livre (paru en 2008 aux éditions Ouest-France) avec de nombreux textes et images supplémentaires. C’est l’histoire d’un homme né en 1913 et bousculé par les brutalités du siècle. Jeune allemand enrôlé dans le Wehrmacht en 1939, il n’a pas abdiqué ses idéaux pacifistes et antinazis. Sa condamnation en 1943 par un tribunal militaire souligne « L’attitude critique du condamné pour tous les phénomènes de la guerre et sa propagande en ce sens auprès de ses camarades, ce qui constitue un grand danger. Á noter particulièrement que personnellement il... Voir l'article

27 juillet 2015 Publié par

Voici la lettre adressée par mon père à la direction du fabricants de chaussures Timberland. Je n’ai pas trouvé de réponse pour le moment dans ses archives. « De François de Beaulieu, Ile aux Moines, le 17 mars 2005 à Timberland Chaussures, Paris. Monsieur le Directeur, Je me permets de vous écrire pour vous faire savoir que les lacets de vos chaussures pour hommes Cumberland Act, Active confort technologie FM sont une déception. Les lacets sont fabriqués en cuir et cousus sur le cuir des chaussures. Il est impossible de faire un nœud avec ces lacets en cuir. Ce nœud se délie tout... Voir l'article

18 juillet 2015 Publié par

Les germanophones (mais, aussi les handicapés linguistiques comme moi qui peuvent désormais recourir aux traducteurs même imparfaits offerts par les moteurs de recherche) pourront désormais trouver une trace de mon père sur le site consacré à la résistance protestante (Évangélique) avec carte interactive, textes et images. C’est une des suites heureuses de la publication de l’édition allemande de Hitler, mon père et moi aux éditions Donat à Brême. Mon père côtoie sur ce site une soixantaine de personnalités, de Dietrich Bonhoeffer (un lien – le mot est juste – est proposé dans la page) qui joua un rôle si positif... Voir l'article