Jean d’Agraives et l’Île-aux-Moines

24 mai 2011 Publié par

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J-d-Agraives001.jpgJ’ai consacré un petit article du dictionnaire à Jean d’Agraives (pseudonyme de Frédéric Causse), (1892-1951). En effet, cet écrivain, journaliste et interprète a vécu de longs mois à l’Ile aux Moines, de 1929 à 1939 où il a rédigé  plusieurs de ses multiples ouvrages d’aventures pour la jeunesse. Il s’est inspiré de l’île, y a  même situé des intrigues. De façon générale, beaucoup de ses héros sont bretons (dont un créateur d’avion à réaction accompagnant Bonaparte dans un roman ébouriffant). Ami d’Auguste Rodin, traducteur pour les Canadiens sur le front (où il sera gazé) de 1915 à 1917, journaliste couvrant l’arrivée de Lindbergh à Paris ou la guerre du Rif en 1927, Jean d’Agraives a aussi fait de sa vie un roman. On trouvera une biographie et une bibliographie très complètes dans l’article que Bernard Le Nail a publié en 2001 dans le tome CXXVII du bulletin de la Société polymatique du Morbihan.

Cependant, la publication du dictionnaire m’a valu d’être contacté par un des fils de Jean d’Agraives, Jean Loup Causse d’Agraives, né en 1934, ce qui me permet d’ajouter ici quelques photographies inédites (sa mère en îloise en 1929 et son père à la barre de son bateau, le Spiren). Je peux aussi reprendre quelques extraits de l’autobiographie « Mémoires décousues » dont il a bien voulu me confier un exemplaire. En effet, Jean-Loup d’Agraives y parle beaucoup de l’Île-aux-Moines où il a passé de nombreux mois dans son enfance puisque son père avait pris l’habitude d’y louer des maisons de vacances sur le conseil de sa belle-mère, Marie-Pauline Perrin, née à Vannes en 1878.

 

Voici donc quelques passages des « Mémoires décousues » consacrées à la période 1934-1944.

Madame-Causse-1929001.jpg« Il y avait à l’occasion de la kermesse paroissiale quelques manifestations culturelles ; Papa lisait des nouvelles, Madame de Maubout déclamait des poèmes et Micheline Ostermeyer, la grande championne d’athlétisme, jouait du piano à ravir. (…) Mes parents figureront en 1929 ou 1930 parmi les premiers, s’ils n’étaient les premiers clients de l’hôtel La Brise sur le port, tenu à l’époque par madame Corno qui, je crois, cuisinait à merveille. Plus tard, dans les années 1975, cet hôtel était encore tenu par sa fille Nono, une belle brune appétissante. (…) L’ainée, Nénette, créera l’hôtel San Francisco qui domine le port. (…) Après la Brise viendra le temps des locations. Certaines maisons de l’Île-aux-Moines m’ont marqué, d’autres non. Masquée par un petit bois sur un chemin assez isolé derrière l’église et le cimetière dans un coin plutôt sinistre, se dressait Ker Izenah. La proximité des morts, les cris des chouettes, je crois que Mamée n’appréciait pas tellement. (…) Dans mes souvenirs restent surtout les Tamaris, une grande villa aux volets rouges ou verts, aujourd’hui bleus. En bas, juste devant les cabines de bain en bois où l’on se changeait, impossible autrement à l’époque, il y avait la plus belle plage de l’île. (…) Entre Ker Izenah et les tamaris, il y avait la villa des Roses. C’est là que se réfugièrent pendant l’exode deux familles d’industriels du Nord, les Derville et les Descamps (les tissus bien connus). Il y avait à côté la maison des caronades nommée ainsi du fait des deux très anciens tubes de canons fichés de chaque côté de l’un des portails du jardin. C’est dans cette maison que Papa a situé une partie de son fameux roman, La maison des sept sirènes. (…) En septembre 1939, pour des raisons de commodité nous nous sommes installés dans la villa Saint-Michel louée depuis de nombreuses années par les Willems de Léria, dotée d’eau courante et d’électricité (merveilleux). Nous y passerons l’hiver 1939-1940. Les Labousse qui nous louent la villa ont un fils d’une dizaine d’années, Jojo, qui nous apprend toutes les bêtises de la terre. »

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