La page Nature du Télégramme s’arrête

20 novembre 2019 Publié par

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Chères lectrices, chers lecteurs,

Début 2002, le Télégramme a confié à Bretagne Vivante une page hebdomadaire consacrée à la nature, l’association m’a demandé alors d’en assurer la rédaction. C’est le seul journal de la presse quotidienne régionale française à avoir osé ce genre de pari et ce fut une formidable occasion pour faire connaître, aimer et protéger la nature en Bretagne. À ce jour, environ 850 articles ont été publiés, dont 350 ont été repris dans le « Dictionnaire de la nature » paru aux éditions Skol Vreizh en 2012.

Aujourd’hui, le Télégramme a conçu un nouveau projet éditorial où il souhaite que les problématiques écologiques soient transversales. L’heure est donc venue de prendre congé.

Il me faut remercier tout d’abord ceux qui m’ont aidé dans cette longue aventure. Les photographes dont la générosité et l’ingéniosité ont fourni les belles accroches incitant à la lecture et qui plaidaient déjà pour la protection de la nature grâce à leurs qualités émotionnelles et graphiques. Hervé Ronné, René-Pierre Bolan, Marc Tisseau, André Fouquet, Philippe Boissel et beaucoup d’autres ont bien voulu m’accompagner au fil des ans. J’ai aussi trouvé au sein du réseau de Bretagne Vivante comme du Groupe mammalogique breton, d’Eau et rivières, de l’Association bretonne de pêche à la mouche ou du Conservatoire botanique les experts éclairés m’apportant idées et critiques positives. Je ne compte pas les scientifiques et les associations qui ont bien voulu répondre à mes questions et me communiquer des documents. Je dois aussi dire ma reconnaissance à toutes celles et tous ceux qui m’ont téléphoné (surtout le mercredi matin…) ou écrit, certains régulièrement, pour m’apporter des précisions et des témoignages dont j’ai toujours essayé de tenir compte. Enfin, je dois faire une place à part à Serge Le Huitouze qui a méthodiquement relu des centaines d’articles pour y traquer aussi bien le défaut de raisonnement que la virgule mal placée. J’ai beaucoup appris grâce à lui.

Le professionnalisme de la sympathique équipe des pages magazine du Télégramme a, du premier au dernier article, facilité mon travail et c’est heureux car, pour parler avec les mots d’aujourd’hui, la charge mentale était forte. Il faut, en effet, toujours avoir dix coups d’avance (voire, si possible, un an) et être sans arrêt à l’affût du sujet neuf, du titre frappant, de l’évènement à venir. J’ai heureusement disposé d’une belle liberté pour pouvoir alterner les sujets intéressant le plus grand nombre et certains moins consensuels.

J’ai toujours essayé de penser aux lecteurs assez curieux pour lire la page Nature mais pas forcément amis du putois ou de l’araignée. J’espère les avoir amenés, pour peu qu’ils m’aient suivi de loin en loin, à élargir leur idée de la beauté et de la fragilité du monde. Malheureusement, si la beauté du monde peut encore nous saisir au détour d’un chemin, rien n’est venu démentir ce que j’ai pu écrire depuis près de 18 ans sur sa fragilité, bien au contraire.

Il me reste à conseiller aux lecteurs les plus fidèles de s’abonner à ce site francoisdebeaulieu.fr où j’aurai désormais un peu plus de temps pour m’exprimer, afin de leur procurer une forme de désintoxication progressive (ils disposeront aussi, d’ici un an, du tome 2 du « Dictionnaire de la nature en Bretagne »). Mais je ne serai pas totalement absent des colonnes du Télégramme puisqu’il m’a été proposé d’y tenir parfois une tribune libre. Nous pourrons donc, chères lectrices et chers lecteurs, continuer à dialoguer et à œuvrer, chacun de son mieux, pour enrayer ce qu’il faut bien appeler la terrible catastrophe en cours qui défait la nature, le climat et, donc, la survie même des humains.

Mercredi 20 novembre 2019

 

2 commentaires

  • oh non !!!!! c’était un plaisir du mercredi ! que d’intelligence, d’humour, de connaissances et une si belle manière d’écrire ! Vous souvenez-vous que je vous ai appelé « mon héros du mercredi » ? Je vais vous suivre ailleurs puisqu’il le faut. Merci encore 1000 fois

  • Il est toujours déplaisant de voir disparaître une partie de nos habitudes culturelles. La page nature en était une c’est inquiétant.
    La nature a horreur du vide.
    S’agit-il d’un vide culturel à combler certainement. Ce n’est pourtant pas le moment de négliger notre biodiversité en danger
    Merci à F. de Beaulieu pour son engagement

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