Les landes à l’écomusée du pays de Rennes

14 février 2017 Publié par

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Comprendre l’histoire des paysages et des hommes qui les ont faits, prendre la mesure de ce qui doit être préservé et construire une mémoire collective, telle est le beau programme des écomusées. Celui du pays de Rennes l’applique aux landes.

C’est une exposition exceptionnelle qui est proposée jusqu’au 28 août 2018. On peut s’en faire une idée en allant sur le site de l’écomusée du pays de Rennes et en écoutant l’émission de Jean Lebrun La marche de l’histoire (France Inter).

La préservation des patrimoines est toujours une reconquête de la mémoire et une aventure. L’aventure de ceux qui découvrirent, dès 1952, l’état de délabrement accéléré des chapelles bretonnes, l’aventure de ceux qui, l’année suivante, se rassemblèrent pour protéger la nature, l’aventure de ceux qui mesurèrent dans les années 1970 l’urgence de sauvegarder le patrimoine maritime… Breizh Santel, la Société d’étude et de protection de la nature en Bretagne, le Chasse-Marée, autant d’aventures qui se sont démultipliées autour de chacune de leurs déclinaisons. À chaque fois, il a fallu retrouver les souvenirs, les archives, les objets… En ce qui concerne la nature, il est rapidement apparu qu’il fallait refaire l’histoire de chaque site, reconstituer ce qu’avait pu y être l’action des hommes. C’est aussi le cas des landes.

Un projet à Rennes
Broyeur d'ajoncQuand on songe que les participants au vote sur la plante-emblème des Bretons ont dégagé un tiercé gagnant qui place l’ajonc devant la bruyère et le genêt (voir Le Télégramme du 11 décembre 2016), on peut se dire que les Bretons aiment leurs landes. Il est vrai que ce paysage est une étonnante composition faite autant de nature sauvage que d’activités humaines. Rappelons qu’en dehors du littoral, les landes sont nées du défrichage et de l’exploitation des sols pauvres du Massif armoricain. Elles sont l’héritage de millénaires de fauche et de pâturage, d’activités humaines d’une extraordinaire ingéniosité. Ce patrimoine irremplaçable voit, fort heureusement, se déployer de multiples efforts pour sa préservation depuis une quarantaine d’années.

Un tas de litière (ajonc et bruyère) est visible dans la cour de cette petite ferme.Pour que les landes soient enfin perçues par tous comme une part précieuse du patrimoine de la Bretagne, il faut en reconstituer la longue histoire et la faire connaître. C’est le projet que s’est donné le directeur de l’écomusée du pays de Rennes, Jean-Luc Maillard : « Comme il l’a déjà fait pour le bocage, la forêt, les campagnes des années 1960, l’écomusée a l’ambition de contribuer à des prises de conscience collectives. Nous sommes ce qu’on appelle un musée de société, c’est pourquoi nous pouvons et nous devons traiter en profondeur des thématiques qui éclairent le rapport des hommes entre eux et avec leur environnement. En ce qui concerne les landes, nous touchons autant à l’histoire longue de la Bretagne qu’à son avenir. »

L’écomusée du pays de Rennes reçoit plus de 60 000 visiteurs par an. Il s’est d’abord attaché à retracer l’histoire d’une ferme, celle de La Bintinais, entre ville et campagne. Il a aussi été particulièrement attentif à la façon dont les Bretons ont modelé leur environnement au travers des paysages, des variétés locales de fruits ou des races d’animaux domestiques (on peut les découvrir sur place).

Attention, l’exposition fermera le 28 août 2018! (Ferme de la Bintinais, route de Châtillon-sur-seiche, 35200 Rennes. 02 99 51 38 15. www.ecomusee-rennes-metropole.fr/).

 

 

 

 

 

 

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