Pas de voyageurs dans les îles du Golfe

26 mai 2011 Publié par

Logo Logo Logo

Les Archives départementales du Morbihan présentent du 15 février au 28 octobre 2011 une intéressante exposition sur les récits de voyageurs qui ont visité le Morbihan depuis le XVIIe siècle. Un catalogue détaillé et très bien illustré accompagne l’exposition (80 pages, 12 €). Pas moins de 55 auteurs de récits sont cités et l’index des noms de lieux cite 39 communes. L’ensemble est présenté sous forme thématique (habitants et conditions de voyage, itinéraire, listes de voyageurs, bibliographie).

Toutefois, on notera dans l’exposition comme dans le catalogue l’absence des grandes îles du golfe (l’île d’Arz n’est pas citée et l’Île-aux-Moines du seul fait que Mérimée ne peut s’y rendre) et même des petites puisque Gavrinis apparaît à peine.

Port-Blanc-Le-passeur001.jpgEn fait, ce n’est que le reflet des grandes tendances des voyageurs du XIXe siècle qui visaient les monuments remarquables et qui, comme André Lazare dans Un mois en Bretagne (réalisé en 1855 et publié deux ans plus tard), n’ont vu qu’un « vaste golfe semé d’îles ou plutôt de rochers arides et d’un aspect sinistre. ». Les quelques auteurs qui m’avaient échappé évoquent essentiellement Vannes et Auray. J’ai ainsi pu relever un passage intéressant sur le l’arrivée des pèlerins du golfe à Sainte-Anne d’Auray dans le Voyage à Belle-Île en mer (1860) de Gustave Grignon (page 21-22 – texte disponible sur Gallica). On n’en admirera que plus la volonté des rares voyageurs qui se sont imposé une visite détaillée du golfe (Victor-Eugène Ardouin-Dumazet et Fortuné du Boisgobey).

On trouvera à l’article « écrivains et voyageurs » du dictionnaire ainsi qu’aux entrées dédiées aux auteurs importants et à certains lieux de nombreux éléments qui ne figurent pas dans le catalogue et qui le complètent. Il ne s’agit pas ici de faire des reproches aux responsables de l’exposition ; ils ont pris des options méthodologiques (ils ne s’arrêtent qu’aux voyageurs et ignorent les œuvres de fiction, les correspondances, etc.) dont ils s’expliquent et, travaillant à l’échelle du département, ils ne pouvaient entrer dans tous les détails.

On ne peut qu’espérer pouvoir disposer un jour pour le Morbihan d’un ouvrage comparable aux remarquables Promenades littéraires en Finistère de Nathalie Couilloud (Coop Breizh, 2009). Le golfe du Morbihan pourrait y briller autrement que par son absence. On découvrirait alors qu’à défaut d’avoir attiré les voyageurs, il a inspiré les romanciers et les mémorialistes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *