Plus sur « Mon chat est-il un serial-killer ? » (Le Télégramme du 2 septembre 2015).

02 septembre 2015 Publié par

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Voici l’article que j’avais publié sur le même sujet en décembre 2011:
Le chat, tendre prédateur
Le chat partage la vie de nombreux foyers et, dans de nombreux cas, l’espace vital de bien des espèces sauvages. Ne sous-estimons pas son impact.
Les lézards sont une des proies fréquentes des chats et spécialement l'orvet.
Qui oserait prétendre que nous avons domestiqué les chats ? Ne serait-il pas plus sage de reconnaître que les chats sont les seuls animaux sauvages qui aient domestiqué l’homme. La France compte 9 millions de chats. Ils sont 10 à 15 au km² à la campagne et jusqu’à 500 au km² en ville ! La majorité sont bien nourris mais leur instinct encore intact fait que si l’occasion se présente, ils restent de vrais prédateurs pour les oiseaux, les reptiles et les mammifères de petite taille qui passent à leur portée. L’impact sur la biodiversité n’est pas négligeable.

Accusé, réveillez-vous !
Des études menées aux États-Unis ont avancé le chiffre de 500 millions d’oiseaux tués par les chats (soit mille fois plus que les éoliennes !). Une estimation pour l’Angleterre fait état de 55 millions d’oiseaux détruits, ce qui donnerait par extrapolation un chiffre légèrement supérieur pour la France.
Force est de constater que c’est la totalité des lézards des murailles de certaines villes bretonnes qui a totalement disparu sous la griffe des chats. Plus difficile à quantifier, la prédation sur les petits mammifères n’en est pas moins importante. On a vu des chats se spécialiser sur les lapereaux ou le gibier de repeuplement, bien connu pour son caractère peu farouche. Même si les chats n’aiment pas le goût et l’odeur des musaraignes, ils sont capables d’en détruire beaucoup dans les jardins tant ces petites bêtes hyperactives attirent facilement leur attention.

La parole est à la défense
Il y a déjà fort longtemps que le chat a trouvé un excellent avocat en la personne de Charles Darwin (1809-1882) qui a souligné dans L’Origine des espèces combien, dans la nature, les interactions sont complexes : « J’ai reconnu également que les bourdons sont nécessaires à la fécondation d’une certaine sorte de trèfle ainsi cent pieds de trèfle rouge ayant produit deux mille sept cents graines, un nombre égal de pieds abrités contre les insectes n’en ont pas produit une seule. Le bourdon seul visite le trèfle rouge, car les autres abeilles sont incapables d’en atteindre le nectar. Nous pouvons en déduire que moins il y a de bourdons dans une région donnée, moins il y a de trèfles rouges (…). Or, la quantité de bourdons dans une localité donnée dépend elle-même à un assez haut degré de l’abondance de la souris des champs, qui détruit leurs nids et leurs rayons de miel (…). Chacun sait que le nombre des souris dépend essentiellement de celui des chats (…). Il est donc parfaitement possible que l’abondance d’un animal félin dans une localité puisse déterminer la fréquence de certaines plantes dans cette même localité, par l’intermédiaire des souris et des bourdons. » On a ainsi pu dire que les vieilles dames qui élevaient des chats était le meilleur soutien de la puissance britannique car sans elles, on ne disposerait pas des quantités de trèfle indispensables à l’élevage bovin !

Délibéré
Si vous possédez un jardin et un chat (ou que celui des voisins s’invite), créez avec un peu de grillage habilement disposé des zones d’exclusion dans des endroits favorables aux orvets, aux oiseaux, aux musaraignes ou aux lézards. Offrez aussi un collier avec deux grelots à votre chat, vous sauverez des vies !
photo FdB

 

 

PS (9/9/15) : on pourra lire ici une brève synthèse d’études scientifiques montrant que les propriétaires de chats ont une connaissance très insuffisante de l’impact de leur chat sur la faune sauvage.

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