Mes deux siècles à l'Île-aux-Moines

Mes deux siècles à l’Île-aux-Moines

  “Quand on a quinze ans et que, dans les années 1960, on bénéficie de quasiment trois mois de vacances à l’Île-aux-Moines, on fait du bateau ou on s’ennuie. Ou bien… Ou bien, on fait un voyage dans le temps. Un voyage dont je ne suis jamais revenu.” Ce livre est écrit à la mémoire… Voir l’article

 

“Quand on a quinze ans et que, dans les années 1960, on bénéficie de quasiment trois mois de vacances à l’Île-aux-Moines, on fait du bateau ou on s’ennuie. Ou bien…

Ou bien, on fait un voyage dans le temps. Un voyage dont je ne suis jamais revenu.”

Ce livre est écrit à la mémoire des bienveillants fantômes qui, justement, m’ont permis ce voyage : Francine Bensa (1893-1975), Françoise Breurec (1895-1979), Ghislaine (1913-2002) et Jeanette Cario (1927), Marie Joseph Créquer (1876-1960), Louise Le Barch (1874-1968), Anne Marie Le Bouler (1880-1976), Séraphine Le Brech (1881-1969), Jean Le Calvé (1892-1984), Adélaïde (1886-1965) et Huguette Le Goff (1924-1970), Bernard Le Mellec (1933-1992), Espérance (1907-1971) et Jean-Mathurin (1905-1973) Le Tribroche, Raymond Marion (1889-1968), Madeleine Pluyette (1895-1990), Job Thébaud (1917-1999).

J’ai pu accompagner ma promenade des œuvres de Paul Perraudin (1907-1993) grâce au soutien de sa fille Marianne.

Paul Perraudin a hanté les rives de la pointe de Toulindag pendant plus de cinquante ans et j’ai du mal à imaginer qu’il ne continue pas, aujourd’hui encore, à tenter de capter les lumières du golfe. Pour moi qui, si souvent, l’observais de dos, alors qu’il saisissait de son pinceau les voiliers filant dans le courant, il faisait partie du paysage. S’il pouvait changer de place, c’était pour les mêmes obscures raisons qui commandaient les marées, le vent et les nuages. Peintre de la marine, il s’était fait un devoir de restaurer les ex-voto marins de la chapelle du Guéric, ce qui avait fait croire qu’ils avaient été volés – et qui n’avait pas empêché, hélas, qu’ils le soient par la suite. Pour parler avec lui, le mieux était de l’aborder quand il allait « travailler », avec son matériel d’aquarelliste ou de quoi dessiner. Il me répondait avec bienveillance, penchant vers moi sa haute silhouette au risque de perdre son éternel béret. C’est bien un bonheur pour moi qu’il m’accompagne dans ce livre.

Parution mai 2021 – 104 pages.

 


Port Miquel, Île-aux-Moines